« Rien n’est plus beau que l'histoire de la nature quand elle est liée à celle de la Religion ».

 

Lettres intéressantes du Pape Clément XIV

 

( lettre LXXXII AU Prince de Sansevero )

 

 

 

 

herbier 01Orchis laxiflora Lam ( récoltée à Barriac) Herbier du petit Séminaire de Pleaux Université de Clermont -Fd
Du latin
semina, graines, le séminaire, est le lieu où se cultive la graine de curé: une pépinière de prêtres. Dans ce nom, on trouve la métaphore de la culture, celle des professeurs, tuteurs semant la bonne parole dans l'esprit des jeunes pousses qu'étaient les rejetons des familles pieuses de la région, où ils faisaient éclore les vocations dans le terreau malléable des jeunes consciences du terroir local. Le petit séminaire était alors le moyen le plus sûr et le plus économique d'accéder à un niveau d'instruction supérieure dans nos campagnes. L'étude du latin ouvrait la porte aux études religieuses bien sûr, c'était là leur fonction première, mais aussi à la culture générale et aux sciences naturelles. En botanique, la nomenclature s'exprime en latin, langue officielle internationale de la science qui permettait aux naturalistes de tous les pays de correspondre. Même si les publications scientifiques sont aujourd'hui généralement rédigées en anglais, il n'en reste pas moins que chaque espèce nouvelle est dûment accompagnée d'une description en latin. Le petit séminaire de Pleaux s’est installé au début des années 1800 dans les bâtiments de l’ancien couvent des Carmes fondé en 1636 et devenu bien national en 1791. Jusqu’à sa suppression en 1906 suite aux lois sur les congrégations et la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le petit séminaire qui comptera jusqu’à 260 élèves formera une partie de l’élite cantalienne et fera de la petite ville de Pleaux un centre intellectuel rayonnant sur toute la région .Le petit séminaire n'aura donc duré qu'un siècle, le 19ème, siècle d'or de la botanique de terrain. Au milieu du siècle précédent Linné publiait en effet son Species plantarum. « Deus creavit, Linnaeus disposuit », « Dieu a créé, Linné a organisé ». Désormais, chaque individu devait avoir un nom de genre et un nom d'espèce. Il fallut donc identifier, nommer et classer dans des herbiers chaque représentant du vivant et l'inventaire des plantes locales - véritable travail de bénédictin - incomba aux botanistes de terrain.

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