« Le mélange du vrai et du faux est plus toxique que le faux »

Paul Valéry

Les croix de chemin appartiennent au petit patrimoine rural qu’elles enrichissent d’une dimension à la fois religieuse et anecdotique qui a suscité depuis peu l’intérêt des historiens et des spécialistes de l’histoire de l’art. Sous l’expression générique de « croix de chemin » se dissimulent diverses sortes de monuments de taille et d’époque variées qui peuvent se classer de la manière suivante selon leur ancienneté ou leur destination : croix de christianisation, croix de carrefour, croix de pèlerinage, croix de limites de juridiction, croix de justice, croix de bornage, croix commémoratives ou mémorielles comme les croix dites de la peste. La multiplicité de ces petits monuments répandus dans la campagne, souvent dans des lieux reculés, les ont rendus vulnérables et nombre d’entre eux ont été malmenés ou déplacés, voire ont tout simplement disparu. Objet de superstitions diverses, les croix de chemin ont parfois inspiré des légendes tirées d’événements avérés ou non, ancrés dans la mémoire collective. Plus récemment, l’engouement suscité dans le public par la redécouverte de ces attachants témoignages du passé a inspiré à des chercheurs plus ou moins avisés des thèses originales qui, en prenant le contrepied de traditions bien établies, ont jeté le trouble dans les esprits. L’exemple des gloses récentes sur la croix dite de Saint Louis à Barriac les Bosquets (Cantal) constitue à cet égard un cas d’école qui mérite d’être relaté. 

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